Amplement mérité…
Victorieux de l’ESS au bout d’un match fou, le SN acquiert un titre qui reflète sa constance et les fondamentaux d’un club qui a appris à gagner
On savait qu’entre le SN et l’ESS, il n’y avait pas une différence ou une supériorité de l’un par rapport à l’autre. ESS et SN ont appris à dominer les autres clubs, résignés et occupés par leurs problèmes sportifs et financiers. Le SN est champion de Tunisie 2010, c’est tout à son honneur. Ça prouve que c’était la meilleure équipe du championnat mais ça veut dire aussi que l’ESS s’est bien distinguée et qu’elle doit se féliciter d’un parcours honorable. Perdre sur un écart de 4 points dans le match d’appui ne veut pas dire que la saison a été ratée.
Si l’on revoit les duels SN-ESS de cette saison, on verra bien que l’équilibre a été dominant. Les Nabeuliens ont, cependant, eu le mérite d’accélérer vers la fin et d’être meilleurs. Il suffit de se rappeler du deuxième match de la finale à Nabeul et du match d’hier pour s’en assurer.
Les 18 points d’écart réalisés à Nabeul ont redonné le moral au SN après la première défaite. Avant-hier, le match a basculé du camp étoilé au camp nabeulien dans les dernières 6’ du match. Les prouesses de Salah Mejri n’ont pas été suffisantes pour conforter l’avance de l’ESS, les Nabeuliens ont pu se reprendre au moment opportun. A la clef, une défense regroupée et agressive pour empêcher les relais pour Mejri et Ben Romdhane. On a vu que Toumi et Jamar (la plus grosse déception du côté de l’ESS) mais aussi Ben Romdhane obligés de jouer en périphérie, avant de chercher désespérément un panier à trois points. Les interceptions de Sergueï et de H’didane ont permis au SN de rattraper le retard et de mener au score. Le reste, c’est une application dans les lancers francs et c’est un Béchir Moïne, véritable carte surprise de Monem Oune. Moïne a pu gagner deux rebonds et inscrire les paniers de la consécration.
Stabilité
Le modèle nabeulien est une référence en basket. La promotion en senior, en 1998, de Rezig, Ben Abdallah, Sioua, M’Barek et Maâlaoui, a permis de changer de vocation. Depuis, le SN a compté sur son cru. Le tout dans un contexte de continuité entre les saisons. Le SN fonctionne depuis 5 saisons au moins comme une machine qui a les mêmes repères et qui a le même mode de fonctionnement. La stabilité des choix — malgré un intermède d’Alain Gay contesté — et les automatismes défensifs et offensifs développés au fil des saisons ont permis au SN d’avoir quelque chose de plus par rapport aux autres clubs.
Les joueurs les plus en vue cette saison? Difficile de parler d’un ou de deux joueurs. Le SN est une équipe qui gagne en tant qu’équipe complémentaire et qui compte sur ses ailiers et leur mobilité, ainsi que sur des cadres décisifs dans les moments clefs tels que Mohamed H’didane et Nizar Kenioua. L’apport de Sergueï, Dgedge et de Béchir Moïne dans le jeu intérieur a été sans doute précieux. On n’oubliera pas également Anis H’didane, Béchir H’didane, Aymen Trabelsi et Naïm Mebarek. Ces joueurs ont été bien encadrés par un Monem Oune qui a su donner plus de réalisme à l’équipe et qui a bien géré ses atouts. Les dirigeants du SN, qui font la rotation entre les postes depuis des années, ont su conférer à l’équipe les moyens nécessaires pour briller. SN-ESS a débouché sur un beau champion et un superbe dauphin. Que les autres clubs se réveillent!
Source: www.lapresse.tn
Auteur : R.EL HERGUEM













